Fibromyalgie, douleur et fasciathérapie

FasciaFrance Bibliographie

eEtude des effets somatiques, psychiques et sociaux.

Dupuis, C. (2012). Mémoire de Mestrado en Psychopédagogie perceptive, Faculté des Sciences Humaines et Sociales, Université Fernando Pessoa Porto (Portugal).

Mémoire ayant fait l’objet :

d’une communication au 2ème Fascia Congress Brussels 2012. « Research and Thérapeutic Application », 2012
d’un poster au 32ème Symposium de l’Association de Psychologie Scientifique de Langue Française (APSLF) « La qualité de vie dans tous ses états »
d’un poster au 4èmes Journées Francophones de la Kinésithérapie, 2013, organisées par la Société Française de Physiothérapie
Résumé : La fibromyalgie est une pathologie douloureuse de plus en plus répandue, et suscite un nombre croissant de consultation en cabinet de kinésithérapie. Les particularités de cette population en augmentation constante suscitent souvent des questionnements de la part des soignants. La fasciathérapie, par son toucher extrêmement adaptable, permet une approche quasi-indolore, malgré l’allodynie. De plus, son approche globale s’adapte assez bien aux bouleversements somatiques, affectifs, cognitifs et comportementaux induits par la douleur chronique.

Méthode : La population étudiée est constituée de sept personnes, consultant depuis au moins 9 mois en cabinet libéral de kinésithérapie. La méthodologie de recueil de données a été double, qualitative et quantitative et a déterminé trois groupes de patients : un groupe a évalué sa douleur à l’aide d’échelles visuelles analogiques (EVA) répétées (avant et après la séance, une heure et un jour après), un groupe a répondu à un entretien de recherche et un groupe a répondu à la fois à l’entretien et aux EVA. Les entretiens ont été analysés en trois étapes : une catégorisation (douleur, sommeil, vécu, toucher, …), une analyse phénoménologique cas par cas et enfin une interprétation herméneutique transversale. Les EVA ont eux été analysé par une approche statistique descriptive, après classification des données en tableaux et graphiques.

Résultats :

 Sur le sommeil : La totalité des participants aux entretiens relèvent une amélioration de leur sommeil, en terme de continuité, de durée, d’aspect réparateur et de vitalité matinale. Le sommeil est plus serein, moins agité et ceci constitue, selon les participants, un apport extrêmement important.
 Sur la douleur : L’analyse des EVA a permis de mettre en évidence une amélioration notable pour 3 patients. Cependant, pour les 3 autres, on ne note pas d’amélioration significative. Chez ces 3 derniers patients, l’analyse qualitative montre en revanche que si l’intensité de la douleur varie peu, il existe un apport réel des séances sur le vécu de la douleur. D’abord, pendant la séance, la douleur s’estompe et offre un véritable temps de répit aux patients. Ensuite, la part pédagogique des séances permet, à moyen et long terme, une meilleur gestion de la douleur. On note également qu’en période de crise, les séances apportent un soulagement de la douleur.
 Sur la méthodologie : Si les EVA permettent de mesurer l’intensité de la douleur et son évolution dans le temps, il apparaît clairement que l’approche qualitative permet une analyse plus ne de la douleur en terme de typologie, de localisation et surtout de vécu subjectif. On relève ainsi dans cette étude une amélioration subjective de la douleur chez 3 patients, alors qu’il n’apparaît pas de variation des EVA.
Discussion : Cette étude exploratoire a permis d’avoir une première évaluation de l’intérêt d’une approche globale du patient fibromyalgique. L’analyse qualitative précise certaines données fréquemment rencontrées dans la littérature6, 7. Ainsi, apparaît une réactivité cutanée exacerbée, une douleur chronique à tendance obsédante et enfin, une douleur qui n’augmente à l’effort que si celui-ci ne tiens pas compte des indicateurs internes.

Conclusion: Il ressort de cette étude que la prise en charge du patient fibromyalgique en kinésithérapie peut se faire à différents niveaux. D’abord, l’éducation thérapeutique, basée sur le développement des indicateurs internes a un réel intérêt à moyen et long terme. Ensuite, le toucher utilisé en fasciathérapie procure un temps de répit souvent sous-estimé par le thérapeute. Enfin, l’évaluation de la douleur est d’autant plus précise qu’elle prend en compte la subjectivité du patient.